Bosch devra verser 1,6 M€ à ses ex-salariés

Publié le 11/05/2013 par Administrateur, vu 2001 fois

Bosch devra verser 1,6 M€ à ses ex-salariés.

Soulagement pour les ex-Bosch. Mardi, la cour d’appel d’Amiens a donné raison à 86 anciens salariés de l’usine de Beauvais. Condamné pour licenciement abusif, l’ex-fleuron de l’industrie locale devra payer six mois de salaire brut, soit 1,6 M€, à chaque D-Boschés, du nom de l’association qu’ils ont constituée.

La direction de Bosch devra en outre sortir son chéquier pour rembourser à Pôle , l’équivalent de trois mois d’indemnités Assedic versées aux salariés licenciés.

Presque trois ans de procédure

« On a enfin gagné. Cela fait deux ans qu’on se bat, mais on a bien fait de tenir le coup, la nous donne enfin raison » savoure Farid, mis à la porte le 30 juin 2010, comme 239 autres salariés, après 14 ans passés chez Bosch.


A ses côtés, les yeux rivés sur l’arrêt de la cour d’appel d’Amiens, Sid-Ali peine à réaliser. « C’est une énorme satisfaction, souffle-t-il. Surtout qu’on avait pris une grosse claque après la décision des prud’hommes, en première instance… » L’an passé en effet, le conseil de prud’hommes de Beauvais avait débouté les ex-salariés de leur demande. « Ce jugement nous avait fait très mal, se souvient Yohan. D’autant qu’on savait que, dans le même temps, Bosch continuait d’accumuler des profits records. »


Justement, le décalage entre les bons résultats financiers de l’entreprise et le peu d’entrain manifesté au moment de reclasser ses salariés beauvaisiens a, semble-t-il, pesé sur la décision des . « Bosch est un groupe de dimension mondial qui emploie plus de 200 000 personnes dans 56 pays. Pourtant, il est manifeste que le groupe n’a procédé à aucune réelle recherche de reclassement, assène Me Barbara Vrillac, l’avocate des D-Boschés. Tout ce qui a été proposé, ce sont quatorze malheureux postes à Angers (Maine-et-Loire), sur un site qui, aujourd’hui, n’appartient même plus à Bosch. »


L’autre satisfaction de l’avocate repose sur la ténacité de ses clients. « Même si certains ont douté après les prud’hommes, personne n’a baissé les bras. On n’a pas déploré la moindre défection. Dans ce combat, on est parti à 86 et on gagne à 86… »
Mais le bras de fer juridique n’est pas terminé pour autant. Sur ce dossier, la direction de Bosch dispose encore de deux mois pour se pourvoir en cassation.
Il restera ensuite à régler le sort des délégués syndicaux de la CFDT, qui contestent, eux aussi, leur licenciement. S’ils venaient à l’emporter, Bosch pourrait cette fois être condamné à leur verser entre deux et trois ans de salaires.

David Livois | Publié le 03.05.2013

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