Débouté par le conseil des Prud'hommes faute de preuves suffisantes de harcèlement moral

Publié le 28/01/2013 par Administrateur, vu 2968 fois

Le tripier “harcelé” réclamait 217

L'employé a été débouté par le conseil des Prud'hommes faute de preuves suffisantes de harcèlement moral.

Un employé des abattoirs réclamant plus de 217 000 €, considérant qu’il était victime de harcèlement moral, vient d’être débouté par le conseil des prud’hommes de Narbonne. Motif : les preuves de ce qu’il avance sont inexistantes. Francis, 63 ans, avait saisi la justice du travail en juin dernier. L’ouvrier spécialisé, qui a commencé sa carrière alors qu’il n’avait que 13 ans, assure que, pendant de longues années, il a été corvéable à merci. Du fait de son illettrisme.

Mis au placard car il ne voulait pas prendre sa retraite ?

Les relations avec sa hiérarchie se seraient dégradées en 2009, date de son soixantième anniversaire, après son refus de partir à la retraite. Heures supplémentaires sans contrepartie, absence de formation, temps d’habillage et de douche non payé, horaires de nuit non pris en compte... Progressivement, le tripier aurait été affecté aux tâches subalternes et “placardisé”. Francis évalue son préjudice à 217 000 €.

Procédure abusive selon son employeur

De l’autre côté de la barre, la Société d’exploitation des abattoirs de Narbonne (Sean), représentée par Me Marianne Malbec, explique que le sexagénaire est en arrêt de travail depuis avril 2012, après un accident de travail qu’elle conteste. L’employeur indique avoir inscrit le salarié à toutes les formations, comme ses collègues. Mais il reproche à Francis d’y être réfractaire. La direction insiste sur le fait que son salarié est au niveau le plus élevé de son évolution de carrière. Et qu’il serait fautif de ne pas respecter les procédures d’hygiène et de sécurité. La Sean conclut son argumentaire en demandant la condamnation de son salarié à payer 1 000 € pour “procédure abusive”.

Le tripier a été débouté

Une demande qui a été rejetée. Tout comme les prétentions de Francis. "Faute d’éléments probants", le conseil des prud’hommes n’a pas vu de harcèlement moral. Il constate, au contraire, que le tripier a eu "une évolution de carrière normale". Le tripier débouté, qui était représenté par un délégué syndical, Jordan Perello, peut encore saisir la cour d’appel.

SID MOKHTARI 28/01/2013
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