Essilor condamné aux prud'hommes

Publié le 29/12/2014 par Administrateur, vu 2544 fois

Le numéro un mondial des verres ophtalmiques Essilor a été condamné par le conseil de prud'hommes de Créteil à verser 662.733 euros à un ancien cadre, licencié "sans cause réelle ni sérieuse" en 2012, a-t-on appris mercredi auprès de son avocat.
Ce salarié, embauché en 2000, était accusé par quatre de ses collaboratrices de "comportements déplacés envers les femmes" et de "propos portant atteinte à leur dignité", a expliqué à l'AFP son avocat, Me Avi Bitton. Le groupe Essilor l'avait licencié en 2012 sur la base de ces témoignages. Le conseil de prud'hommes a estimé dans un jugement, rendu mardi, que son licenciement était "sans cause réelle ni sérieuse". Ses motivations n'ont, cependant, pas été détaillées et ne seront publiées que "dans les prochaines semaines", selon Me Bitton. "On ne commente pas les décisions de justice", a déclaré à l'AFP un porte-parole d'Essilor, qui n'a pas souhaité s'étendre sur les circonstances du licenciement.

"Quand nous aurons pris connaissance du jugement, nous étudierons les décisions à prendre sur un éventuel appel." L'importance de cette condamnation s'explique en partie par le salaire élevé du cadre licencié, qui gagnait près de 16.000 euros par mois. Sur les 662.773 euros de la condamnation, 420.000 euros correspondent à des "dommages intérêts pour la perte" par le salarié des "actions de performance", des actions gratuites distribuées par Essilor à l'ensemble de ses salariés. 

Décision rare 

La condamnation par le conseil de prud'hommes au versement de telles sommes pour un licenciement abusif à titre individuel est rare et concerne essentiellement les très hauts revenus. En 2013, la société de production et de distribution de films de Luc Besson, EuropaCorp, a été condamnée à verser près de 692.389 euros à Pierre-Ange Le Pogam, ancien numéro 2 du groupe, qui a fait appel.

Ces cinq dernières années, plusieurs clubs de football ont également été condamnés à verser de fortes sommes: Saint-Etienne en 2010 pour le licenciement de son entraîneur Laurent Roussey (1,14 millions d'euros) et en 2014 pour celui de Boubacar Sanogo (909.000 euros), Nice en 2013 après le limogeage de son entraîneur Eric Roy (689.000 euros) ou encore Lyon la même année pour avoir renvoyé un entraîneur adjoint, Patrick Collot (516.663 euros).

    • Par LeFigaro.fr avec AFP
    • Publié le 24/12/2014 à 12:30