Les ex-New Fabris partiellement déboutés par les prud'hommes de Poitiers

Publié le 21/03/2012 par Administrateur, vu 1749 fois

POITIERS, 21 mars 2012 (AFP) -
Les prud'hommes de Poitiers ont partiellement débouté mercredi les 155 anciens salariés de l'équipementier automobile New Fabris qui contestaient leur licenciement en 2009, ordonnant simplement le remboursement de sommes indûment prélevées sur leurs salaires avant la liquidation.

Le conseil a ainsi refusé d'accorder aux salariés, qui avaient menacé de faire sauter leur usine durant l'été 2009, les quinze mois de salaires qu'ils réclamaient, dénonçant des licenciements sans cause réelle, et les 15.000 EUR de dommages-intérêts qu'ils demandaient.

Dans son jugement, le conseil des prud'hommes estime que le liquidateur avait apporté la preuve de ses efforts de reclassement pour chacun des 366 salariés de New Fabris, quand bien même ce reclassement s'est finalement avéré impossible.

La juridiction a en revanche ordonné le remboursement de sommes injustement saisies par l'employeur quelques mois avant la liquidation, en juin 2009.

Cette décision, qui ne représente que quelques centaines d'euros par salarié, concerne un prélèvement abusif effectué par New Fabris sur les salaires de ses ouvriers en janvier et février 2009.

L'entreprise avait alors voulu récupérer les congés payés en retard réglés en 2007, lors du rachat de Fabris par le groupe italien Zen.

Créée en 1947 par Eugène et Quentin Fabris, l'usine, basée à Châtellerault

(Vienne) était au départ un petit atelier de mécanique produisant des arbres à came de machines à coudre.

L'équipementier Fabris, qui travaillait à 90% pour Renault et Peugeot, s'est ensuite développé et diversifié pour compter jusqu'à 800 salariés au début des années 1990 avant de sombrer avec la crise.

Cette entreprise spécialisée dans l'usinage de pièces pour l'automobile avait finalement été placée en liquidation judiciaire en juin 2009.

Lors d'un conflit très médiatisé, les salariés avaient tenté un baroud d'honneur en menaçant de faire sauter leur usine s'ils n'obtenaient pas 30.000 EUR de prime extra-légale, avant de finalement accepter 12.000 EUR de prime.