Prud'hommes : Carrefour condamné pour le licenciement d'une salariée voilée

Publié le 18/09/2014 par Administrateur, vu 2403 fois

La société Carrefour a été condamnée jeudi par le conseil des Prud’hommes de Lyon pour avoir licencié en 2010 une caissière voilée. Le licenciement de Hafida Treille, 44 ans, a été reconnu «sans cause réelle» et la société Carrefour a été condamnée à lui verser 10000 euros de dommages et intérêts, selon la décision prud’homale.

Avocates et représentante de l’association autour de Madame Hafida Treille lors de l’audience aux Prud’hommes le 24 juin dernier / Photo archives Dominique Menvielle

Avocates et représentante de l’association autour de Madame Hafida Treille lors de l’audience aux Prud’hommes le 24 juin dernier / Photo archives Dominique Menvielle

Interrogée une porte-parole du groupe a indiqué que l’entreprise ne souhaitait pas réagir avant d’avoir pris connaissance des motivations de ce jugement.

Hôtesse d’accueil dans un hypermarché de Villeurbanne, Mme Treille avait fait l’objet d’une procédure de licenciement après être revenue d’un congé parental en portant un foulard sur sa tête manifestant son appartenance à la religion musulmane. Selon le groupe de grande distribution, la décision de son ex-salariée contrevient au règlement intérieur interdisant tout signe ostentatoire à caractère politique, syndical et religieux pour les personnes en relation avec la clientèle.

Or pour Me Haouda Hathroubi, conseil de l’ex-salariée, le principe de «neutralité absolue» édictée dans le règlement intérieur se heurte à celui de la liberté religieuse garantie par la constitution française et la cour européenne des droits de l’homme.

«Ma cliente pense que travailler au sein de la société Carrefour tout en manifestant sa croyance n’est pas contradiction avec son contrat de travail», a déclaré Me Hathroubi qui s’est félicitée de la décision prud’homale. «Elle a eu l’impression d’être victime de discrimination. Cette décision lui permet d’être restituée dans sa dignité», a commenté l’avocate.

Les deux parties ont deux mois pour interjeter appel de la décision.

Publié le 18/09/2014 leprogres.fr