Narbonne : Areva condamnée pour sanctions abusives envers six de ses salariés.

Publié le 29/04/2014 par Administrateur, vu 2143 fois

18/04/2014, 19 h 15 | Mis à jour le 19/04/2014, 16 h 57
Salariés et syndicats se sont retrouvés hier au cabinet Me Cyril Cambon.
Salariés et syndicats se sont retrouvés hier au cabinet Me Cyril Cambon. (Photo OLIVIER GOT)

Le conseil des prud'hommes de Narbonne (Aude) a condamné Areva pour avoir sanctionné abusivement six de ses salariés, accusés pour discrimination féminine. Le tribunal a jugé que ces décisions étaient injustifiées et irrégulières.

Une victoire au goût amer. "Les traces ne s’effaceront pas du jour au lendemain", regrette Gaël Roussel, porte-parole syndical de l’usine Comurhex Malvési d’Areva. Le 14 avril dernier, la direction de l’entreprise a été condamnée par le tribunal des prud’hommes de Narbonne pour avoir sanctionné abusivement six de ses salariés.

En octobre dernier, une de leurs collègues avait porté des "accusations graves" à leur encontre, pour discrimination de sa condition féminine. Ils avaient alors écopé d’un blâme, le chef de poste à quelque mois de la retraite étant, lui, sous la menace d’un licenciement.

Une sanction injustifiée et irrégulière

"Le conseil a jugé que la sanction était injustifiée et irrégulière", souligne Me Cyril Cambon, défenseur des salariés. "Les faits n’avaient jamais été vérifiés par la direction", reproche le délégué syndical CGT.

Malgré l’appui de nombreux témoignages des autres collègues de travail composant l’équipe et les contradictions de la personne à l’origine de l’affaire, "la société Arera a préféré ne pas tenir compte de ces preuves contraires en brandissant sa politique de diversité comme un dogme", souligne l’avocat.

C’est ce qui a motivé en particulier la décision du conseil qui met en exergue le "manque de justifications des griefs reprochés et contestés". En d’autres mots, l’employeur ne peut sanctionner sur des éventualités.

Politique de diversité d'Areva

Pour autant, "que va devenir leur carrière à ses salariés lors des entretiens individuels, où ils auront en face d’eux les mêmes personnes qui ont porté les accusations ?" s’interroge le syndicaliste.

De son côté, la direction dit avoir pris "acte du délibéré. Nous avons été déboutés sur la forme mais cela ne remet pas en cause les valeurs fortes que nous défendons". A savoir la promotion de la diversité et de la condition féminine.

Discrimination syndicale

Certes, une première bataille a été remportée, mais d’autres s’annoncent dans les mois à venir.

Dans le prolongement de cette affaire, Areva sera entendue devant le tribunal correctionnel de Narbonne pour discrimination syndicale à l’encontre de la CGT, le 12 juin prochain. Puis le 30 juin, le conseil des prud’hommes est appelé à nouveau à se prononcer sur la demande d’annulation des sanctions de deux représentants syndicaux. Ils avaient organisé un mouvement de solidarité de l’ensemble du personnel vis-à-vis des six salariés.

"Il y a une solidarité intersyndicale. La direction doit prendre ses responsabilités afin de rétablir le dialogue social dans l’entreprise", rappelle Gaël Roussel.


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